Une recherche publiée par la Banque de la République d’Haïti conclut que le système bancaire preserve une certaine capacité de résistance, mais reste exposé à l’inflation, à la dépréciation de la gourde et aux périodes prolongées d’instabilité politique.
Le système bancaire haïtien demeure relativement résilient, mais sa stabilité pourrait être fragilisée par l’inflation, les crises politiques et la dépréciation de la monnaie nationale, selon une étude publiée en juillet 2026 par la Banque de la République d’Haïti (BRH).
Le doc de recherche, réalisé par les économistes Jean Marie Cayemitte et Jean Sobocoeur Chrispin, look at la capacité des établissements bancaires à absorber les principaux chocs macroéconomiques et institutionnels auxquels Haïti est régulièrement confrontée.
Pour conduire leurs travaux, les auteurs ont analysé des données couvrant la période allant de 2000 à 2024. Ils ont eu recours à une méthodologie économétrique combinant un modèle bayésien et une régression par quantiles, afin de mesurer les effets variables des crises sur la rentabilité, les créances douteuses et les fonds propres des banques.
Selon les résultats présentés, le secteur bancaire conserverait une marge de résistance même dans un scénario de fortes tensions politiques. Le ratio de capital comptable pourrait alors se maintenir à 7,4 %, soit au-dessus du seuil réglementaire de 5 % retenu dans l’étude.
Cette apparente solidité ne signifie toutefois pas que le système serait à l’abri d’une crise. Dans un contexte de forte instabilité politique, la probabilité d’un défaut systémique pourrait atteindre 15,2 %, ce qui traduit, selon les chercheurs, une vulnérabilité significative.
L’inflation apparaît comme le principal facteur de risque identifié. Une hausse persistante des prix contribue à affaiblir la capacité de remboursement des emprunteurs, à accroître les prêts non performants et à réduire progressivement la rentabilité des establishments financières.
La dépréciation de la gourde exerce également une pression sturdy sur le secteur. Elle augmente le coût de certaines opérations, accentue les déséquilibres financiers et peut fragiliser les brokers économiques exposés aux obligations libellées en devises.
L’étude relève par ailleurs que les périodes d’instabilité politique s’accompagnent généralement d’une augmentation des créances douteuses et d’une détérioration de la rentabilité bancaire. Les perturbations économiques, les restrictions de mobilité et le ralentissement des activités réduisent alors la capacité des entreprises et des ménages à honorer leurs engagements.
À l’inverse, les transferts privés provenant de la diaspora jouent un rôle stabilisateur. Ils alimentent les dépôts, soutiennent la consommation des ménages et contribuent à limiter les effets de certains chocs sur le système financier.
Les chercheurs constatent également que la réaction des banques varie selon la conjoncture. En période d’enlargement, les établissements financiers bénéficient davantage de l’amélioration de l’activité économique. En state of affairs de récession, leur capacité à transformer une éventuelle reprise en bénéfices demeure plus limitée.
Au regard de ces résultats, les auteurs estiment que les modèles traditionnels d’évaluation des risques peuvent sous-estimer les fragilités du secteur bancaire lorsqu’ils ne tiennent pas suffisamment compte des périodes de crise extrême.
Ils recommandent notamment la mise en place d’un coussin de fonds propres anticyclique, qui obligerait les banques à constituer des réserves supplémentaires pendant les périodes favorables afin de mieux absorber les pertes durant les ralentissements économiques.
L’étude préconise également le développement d’outils de surveillance adaptés aux caractéristiques d’une petite économie ouverte et fortement exposée aux chocs externes comme Haïti.
Les auteurs précisent enfin que les analyses et recommandations formulées dans le doc relèvent de leur travail scientifique et ne représentent pas nécessairement la place officielle de la Banque de la République d’Haïti.
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