Accusé anonymement d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle dans l’écriture de C’était ça ou mourir, l’écrivain canado-haïtien voit son roman retiré de la sélection du prix Goncourt. L’auteur conteste les accusations portées contre lui.
L’Académie Goncourt a annoncé, vendredi 25 septembre, le retrait de C’était ça ou mourir, de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, de la sélection en lice pour le prestigieux prix littéraire.
Cette décision intervient quelques jours après l’apparition d’accusations anonymes mettant en trigger les situations d’écriture du premier roman de l’auteur, publié en France chez Grasset.
Depuis le 21 septembre, le compte « Stability ton Claude », jusque-là peu connu sur les réseaux sociaux, affirme que l’ouvrage aurait été rédigé en grande partie à l’aide de l’intelligence artificielle. Le compte dit s’appuyer notamment sur des analyses réalisées avec Pangram, un logiciel présenté comme succesful de détecter des textes générés par intelligence artificielle.
Ces allégations ne constituent toutefois pas, à elles seules, une démonstration indépendante de la manière dont le roman a été écrit. Thélyson Orélien a rejeté les accusations, affirmant ne pas avoir utilisé l’intelligence artificielle pour rédiger son ouvrage.
La polémique a éclaté le jour même où l’écrivain recevait le Prix du Roman Fnac 2026 pour C’était ça ou mourir.
Dans un communiqué transmis à l’AFP et rapporté par plusieurs médias, l’Académie Goncourt explique que sa décision vise à préserver l’intégrité du prix et de l’establishment. C’était ça ou mourir figurait dans la première sélection du Goncourt, dont le lauréat doit être annoncé le 4 novembre.
Le roman raconte, à la première personne, le parcours de Jonas Dorléon, un professeur d’histoire-géographie contraint de quitter Haïti dans un contexte marqué par la violence des gangs. Son itinéraire le conduit à travers plusieurs pays avant d’atteindre le Canada.
Avant cette décision, l’ouvrage figurait également dans les premières sélections de plusieurs autres prix littéraires, notamment le Médicis et le Femina.
Au Canada, les Éditions du Boréal ont annoncé la suspension temporaire des activités promotionnelles entourant le livre. La maison d’édition affirme que l’intelligence artificielle n’a pas été utilisée depuis la réception du manuscrit et dit travailler avec l’auteur afin de retracer le processus de création de l’ouvrage.
Boréal précise toutefois qu’il lui est, à ce stade, inconceivable de confirmer ou d’infirmer les allégations visant Thélyson Orélien et appelle à éviter les conclusions précipitées.
Le Salon du livre de l’Estrie a également retiré à l’écrivain son titre d’invité d’honneur et annulé les activités auxquelles il devait participer.
La controverse intervient alors que C’était ça ou mourir connaissait une forte visibilité dans la rentrée littéraire française et québécoise, quelques jours seulement après l’obtention du Prix du Roman Fnac.
A lire aussi :