Malgré un contexte marqué par l’insécurité et les tensions sociopolitiques, plusieurs communes du pays poursuivent leurs activités carnavalesques. À Pétion-Ville et à Delmas, des milliers de personnes se sont rassemblées ces derniers dimanches pour participer aux pré-carnavals, offrant une parenthèse festive dans un quotidien difficile.
Dimanche 15 février, les rues de Pétion-Ville ont de nouveau accueilli chars musicaux et bandes à pied. Selon les observations du photojournaliste Fildor PQ Egeder, une foule importante s’est réunie notamment aux abords de l’ancien native de ParyajPam (ex-Muncheez). Des stands dédiés au carnaval étaient également en cours d’set up, signe d’une organisation progressive des festivités.
À Delmas, l’ambiance était comparable. Les chars de DJ ont parcouru plusieurs artères, accompagnés de groupes musicaux traditionnels. Les contributors ont répondu présents, témoignant de l’attachement persistant à cette custom culturelle majeure.
Quelques incidents ont toutefois été signalés. À Pétion-Ville, des altercations ont éclaté au sein de la foule, nécessitant l’intervention de la Police nationale d’Haïti, qui a rétabli le calme sans que l’événement ne soit interrompu.
Cette dynamique suscite des réactions contrastées. Pour certains citoyens, le carnaval constitue une bouffée d’oxygène dans un contexte éprouvant. D’autres estiment que l’heure devrait être davantage au recueillement face aux difficultés structurelles du pays. Le débat reflète une stress persistante entre nécessité de résilience culturelle et conscience des défis nationaux.
Au-delà de la région métropolitaine, des activités carnavalesques ont également été observées à Jérémie, aux Cayes, au Cap-Haïtien et à Jacmel, où les festivités se sont tenues le 8 février dernier.
Depuis plusieurs années, l’organisation d’un carnaval nationwide centralisé est devenue uncommon. Les autorités privilégient désormais une approche décentralisée, laissant aux communes la responsabilité d’organiser leurs propres manifestations. Cette évolution traduit à la fois les contraintes actuelles et la capacité d’adaptation des collectivités locales.
Dans un pays confronté à de multiples défis, le carnaval demeure ainsi un espace d’expression culturelle et de cohésion sociale, malgré un environnement institutionnel et sécuritaire fragile.
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